Lauriane Lehmann : de l'histoire de l'art à conseillère iad à Dole
Par Lauriane Lehmann · Dole · 5 min de lecture · 26 octobre 2026

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L'essentiel en 30 secondes
Historienne d'art dans les galeries parisiennes, Lauriane Lehmann est entrée dans l'immobilier en avril 2008, « pour deux mois ». Dix-huit ans plus tard, après quinze ans en agence traditionnelle, un an d'expertise en valeur vénale et deux ans dans un petit réseau, elle est conseillère iad à Dole, anime une équipe et figure, un an après son arrivée, dans les classements nationaux du réseau.
« Mon invitée d’aujourd’hui n’était pas prédestinée à travailler dans le monde de l’immobilier. Pourtant, son parcours, c’est de l’art. » L’épisode de « Bien conseillé » consacré à Lauriane Lehmann, conseillère immobilier iad à Dole, commence par un jeu de mots. Elle y raconte dix-huit ans d’immobilier, des galeries parisiennes au modèle mandataire. En voici l’essentiel, dans ses mots.
Historienne d’art, et un rêve de galerie à Venise
« J’ai fait des études d’art. J’étais historienne d’art, et j’ai travaillé dans les galeries d’art à Paris pendant quelques années. Donc rien qui me prédestinait vraiment à l’immobilier. » À Saint-Germain, elle apprend un métier qui la passionne, avec en tête un rêve d’enfant : monter une galerie à Venise, une ville qu’elle n’avait pourtant jamais visitée.
Le déclic du départ tient à un café. Au lendemain d’une grosse foire d’art contemporain, très fatiguée, elle demande à sa patronne, qui s’apprête à partir pour Miami, d’aller en boire un. Refus. « Je lui ai dit : “Écoutez, partez à Miami. Mais en revanche, quand vous reviendrez, je ne serai plus là.” Et donc j’ai tout quitté, juste pour une histoire de café. » La leçon : « Je me suis dit que je n’étais pas faite du tout pour être salariée. » Ce n’était pas le métier, c’était le statut, « par rapport à mon indépendance et à ma soif de liberté ».
« Je vais faire ça pendant deux mois »
L’immobilier arrive par hasard. Un conseiller en patrimoine de Dijon lui dit que son expertise de l’art l’intéresse, « mais si vous aviez eu l’immobilier en plus, vous auriez été une perle ». Sa réaction est immédiate : « Je suis montée dans ma voiture, je me suis dit : l’immobilier, c’est si difficile que ça ? Je vais faire ça pendant deux mois. »
Elle ouvre l’annuaire et choisit une agence pour son nom, Vauban. « Je me suis dit : oh, c’est un architecte, il a fait de l’art, on se connaît. » Un coup de chance, selon elle. « Deux mois qui se sont transformés en dix-huit ans. »
Avril 2008 : 4 000 euros et cinquante mandats
Elle démarre le mois même de la crise immobilière. « Je m’étais dit : tu as 4 000 euros pour vivre, et au bout des 4 000 euros, il faudra bien que tu aies vendu. » Le premier mois, elle rentre cinquante mandats. « Sauf que rien ne se vend à l’époque. Le marché est complètement décousu. » Suit « un an de galère ».
Surtout, personne ne la forme. « On me disait : tu as un stylo, un papier, une voiture, fonce. Mais en revanche, je n’étais pas du tout formée, je ne savais rien sur rien. » Elle s’en sort par la curiosité : « Si on n’a pas la curiosité d’apprendre, c’est difficile aussi d’avancer dans ce métier. » Avec le recul, elle parle de « dix ans de remise en question et de galère ». Le referait-elle ? « Jamais de la vie. Je n’avais aucune notion de ce qu’était être entrepreneure. »
Le petit tableau de Jacques Germain
Son premier salaire, dans l’art, est parti dans un tout petit dessin de Jacques Germain, acheté 100 euros aux enchères. Son patron lui a alors dit : « Tu vas conserver ce tableau. C’est un tableau que tu ne vendras jamais. Et quand tu seras riche et que tu auras réussi, tu te souviendras toujours que tu as commencé par là. » Il est toujours dans son bureau. « Chaque fois qu’il y a un coup dur, je regarde les tableaux. »
Quinze ans d’agence, puis le cap du mandataire
« La suite, c’est quinze ans de fidélité, de loyauté à Vauban. » Puis le Covid. Bloquée chez elle comme toute agence traditionnelle, elle observe que « tous ces mandataires qu’on a discrédités pendant très longtemps » continuent de travailler et « étaient prêts pour l’après-Covid, chose que nous, on n’avait pas ». S’ajoutent une lassitude et le besoin d’une autre relation avec les clients.
Elle devient d’abord experte en valeur vénale pendant un an, « une vraie bouffée d’air pur ». Ce grade supplémentaire change son regard : « Je me suis dit : ce n’est pas grave si tu deviens mandataire. » Deux ans dans un petit réseau, puis iad, il y a un an. Avec un regret : « Une fois que tu comprends ce que le modèle de mandataire peut t’apporter, tu te dis : mince, j’aurais dû connaître ça bien avant. »
Chez iad : bosser mieux, pas plus
Elle l’avoue, elle était la première à dire qu’elle n’irait jamais chez iad : « C’est trop monumental pour moi, c’est trop gros, c’est trop tout. » Une fois dedans, la surprise est inverse : « Très rapidement, je me suis dit : mince, je ne travaille pas assez. » La vraie leçon vient ensuite : « C’est pas une question de bosser plus, c’est juste une question de bosser mieux. » Et une prise de conscience : « On est conseillers, mais on est avant tout des chefs d’entreprise et des entrepreneurs. » Un an après son arrivée, l’animateur la félicite : elle figure dans les classements nationaux du réseau, dans le top dix, voire le top cinq.
Son équipe, sa plus grande fierté
Lauriane développe une équipe et veut la voir grandir. « Mon équipe m’a permis aussi de me dépasser. T’es obligée de te dépasser pour eux, parce que tu dois être exemplaire. » Les profils sont très différents, pros de l’immobilier, novices, très jeunes. Elle attire souvent, dit-elle, « des profils cassés ou très déçus au départ », parfois sur le point de quitter le métier. « En deux mois, trois mois, tu les vois s’épanouir et retrouver une force folle, tu sais que tu as tout gagné. » Les résultats ? « Ils arrivent. C’est bien tant qu’ils sont épanouis, c’est le principal. »
Est-elle heureuse ? « Oui, bien évidemment, parce que c’est un métier passionnant. Parce qu’aujourd’hui, je suis libre. » Libre de prendre du temps pour sa fille de trois ans : « Gérer ma vie de mère, de femme, de professionnelle, c’est le plus beau des cadeaux. Et aujourd’hui, je ne m’achète plus des petits Germain à 100 euros. »
Ce qu'il faut retenir
- ✓Historienne d'art, elle a quitté le salariat sur un coup de tête, « juste pour une histoire de café » : elle n'était pas faite pour être salariée.
- ✓Entrée dans l'immobilier en avril 2008, en pleine crise, avec 4 000 euros pour vivre et aucune formation : « dix ans de remise en question et de galère ».
- ✓Quinze ans de fidélité à la même agence, puis l'après-Covid qui lui fait regarder autrement le modèle mandataire.
- ✓Ce qu'elle a compris chez iad : « C'est pas une question de bosser plus, c'est juste une question de bosser mieux. »
- ✓Sa plus grande fierté : voir des conseillers arrivés déçus, parfois prêts à quitter le métier, s'épanouir en quelques mois dans son équipe.
- ✓Dans son bureau, le petit tableau de Jacques Germain acheté 100 euros avec son premier salaire, pour se souvenir d'où elle est partie.
Questions fréquentes
Peut-on devenir conseiller immobilier sans formation dans l'immobilier ?
Lauriane l'a fait, mais elle ne le referait pas dans les mêmes conditions : à ses débuts en 2008, personne ne l'avait formée, et elle a mis des années à se construire seule. C'est l'une des raisons pour lesquelles elle a choisi le modèle mandataire, où la formation fait partie du parcours.
Pourquoi passer d'une agence traditionnelle à un réseau de mandataires ?
Pour Lauriane, le déclic est venu après le Covid : l'agence était bloquée, tandis que les mandataires avaient continué à travailler. Elle a d'abord fait un an d'expertise en valeur vénale, puis a franchi le cap, et regrette de ne pas avoir connu ce modèle plus tôt.
Comment Lauriane Lehmann accompagne-t-elle son équipe ?
Par l'exemplarité : elle estime devoir se dépasser pour ses conseillers. Son équipe mêle professionnels de l'immobilier, débutants et très jeunes profils. Ce qui compte d'abord pour elle, c'est leur épanouissement ; les résultats suivent.